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Hyundai Veloster 1.6 GDi 140 ch : fiabilité, avis et points faibles

Oui, le Hyundai Veloster 1.6 GDi 140 ch tient la distance s’il a été vidangé régulièrement : son moteur à chaîne de distribution ne réclame pas de gros entretien. Son point faible connu est l’usure des coussinets de bielle, qui se signale par un cognement : écoutez le moteur avant d’acheter.

Vendu en Europe de 2011 à 2015, le Veloster est devenu une occasion abordable au look de coupé. Voici ce que vaut vraiment son 1.6 GDi, ce qui casse, ce que coûte son entretien et les contrôles à faire avant de signer.

Hyundai Veloster : présentation et contexte

Le Veloster de première génération (code FS) arrive en France le 1er septembre 2011. Sa particularité tient à ses portes : une seule à gauche, côté conducteur, et deux à droite, pour faciliter l’accès aux places arrière sans sacrifier la ligne de coupé. Le hayon donne accès à un coffre de 320 litres, porté à 1 015 litres banquette rabattue, et la voiture homologuée pour quatre personnes mesure 4,22 m de long.

Au lancement, Caradisiac relevait trois finitions : Pack Inventive à 22 390 €, Pack Sensation à 23 990 € et Pack Premium à 27 490 €, des tarifs proches de ceux de la Volkswagen Scirocco. La boîte manuelle à six rapports est de série, une boîte à double embrayage DCT à six rapports est proposée pour 1 300 € de plus. Le catalogue de l’ADAC situe la production des versions européennes d’août 2011 à juin 2015. La version 1.6 T-GDi turbo de 186 ch, arrivée ensuite, est un autre moteur et n’est pas traitée ici.

Le Veloster obtient 5 étoiles aux tests Euro NCAP en octobre 2011. Neuf, il était couvert par la garantie Hyundai de 5 ans en kilométrage illimité : les derniers exemplaires en sont sortis depuis longtemps, ce qui rend l’historique d’entretien d’autant plus important.

Le moteur 1.6 GDi 140 ch : fiabilité

Le moteur porte le code G4FD et appartient à la famille Gamma de Hyundai. Ce quatre-cylindres atmosphérique de 1 591 cm³ à injection directe développe 140 ch à 6 300 tr/min et 167 Nm à 4 850 tr/min, selon l’ADAC. Sa distribution est entraînée par une chaîne et non par une courroie, il n’y a donc pas de kit de distribution à remplacer tous les 5 ou 6 ans.

En usage courant, c’est un moteur simple et sans turbo. Les performances restent modestes : 9,7 s de 0 à 100 km/h en boîte manuelle et 10,3 s en DCT, avec une consommation normalisée de 6,4 à 6,5 l/100 km. Caradisiac le jugeait « creux » à l’essai, avec un couple qui n’arrive qu’en haut du compte-tours. C’est un défaut d’agrément, pas de fiabilité.

Le vrai risque : les coussinets de bielle

Le défaut documenté du Gamma 1.6 GDi est mécanique. Aux États-Unis, Hyundai a rappelé en décembre 2020 les Veloster des millésimes 2015 et 2016 équipés de ce moteur, produits entre mai 2014 et juillet 2016 (rappel NHTSA 20V-746). Le constructeur y explique que certains moteurs ont été produits dans des conditions qui peuvent entraîner une usure prématurée des coussinets de bielle. Il estime à 1 % la part des véhicules réellement touchés.

Les symptômes décrits sont précis : cognement anormal du moteur, perte de puissance ou hésitation, témoin moteur ou témoin de pression d’huile allumé, odeur de brûlé, fuite d’huile ou fumée. Si l’on continue à rouler, le moteur peut caler et, dans de rares cas, la bielle cassée peut percer le bloc. Le remède américain consistait à inspecter le moteur, à le remplacer en cas de coussinets abîmés et à installer un logiciel de détection de cognement, appelé KSDS.

Ce rappel visait le marché nord-américain. Les Veloster européens partagent pourtant le même moteur G4FD : un cognement sur un exemplaire français doit être pris au sérieux, quel que soit son millésime. Le défaut reste minoritaire, et un moteur qui tourne rond avec une pression d’huile stable n’a aucune raison d’être écarté.

Points faibles et entretien

En dehors des coussinets de bielle, les points faibles du Veloster relèvent davantage de l’entretien et de la finition que de la casse.

  • Le niveau d’huile : sur un moteur dont le point sensible est la lubrification des bielles, une huile usée ou un niveau bas accélèrent l’usure. Contrôlez le niveau tous les mois et respectez l’intervalle de vidange du carnet, en le raccourcissant si la voiture roule surtout en ville.
  • L’encrassement lié à l’injection directe : l’essence n’étant plus injectée dans le conduit d’admission, elle ne nettoie plus les soupapes. Des dépôts de calamine peuvent s’y former sur les moteurs qui font beaucoup de petits trajets, avec un ralenti instable ou des à-coups. Un roulage régulier sur voie rapide limite le phénomène.
  • La boîte DCT : Caradisiac lui reprochait des rétrogradages lents. Sur une occasion, vérifiez qu’elle passe les rapports sans à-coup ni patinage, surtout au démarrage en côte.
  • La finition : plastiques durs et insonorisation perfectible reviennent dans l’essai comme dans les avis de propriétaires, sans incidence sur la fiabilité.
  • Les rappels européens : l’ADAC recense trois campagnes sur la série, en juillet 2013 (frein de stationnement qui ne se desserre pas complètement), en août 2021 (prise 12 V qui peut chauffer avec le compresseur du kit anticrevaison) et en novembre 2024 (court-circuit possible dans le boîtier ESP, avec risque d’incendie). Demandez à un concessionnaire Hyundai, numéro de série en main, si elles ont été faites.

L’entretien courant reste simple et bon marché : vidange avec filtre, filtres à air et à habitacle, bougies et liquide de frein selon le carnet. Pas de courroie de distribution, pas de turbo, pas de filtre à particules. Un propriétaire qui roule 46 000 km par an avec une Pack Premium DCT de 2012 ne signale, sur Caradisiac, aucun problème et un budget d’entretien faible, en faisant lui-même ses vidanges.

Veloster d’occasion : vérifications avant achat

Un Veloster se juge à l’oreille et aux factures. Voici les contrôles à faire, dans l’ordre.

  1. Les factures : vidanges régulières, idéalement chaque année ou tous les 15 000 km au plus. Un carnet vide sur un moteur sensible à la lubrification est un motif sérieux de négociation, voire de renoncement.
  2. Le démarrage à froid : demandez à ce que le moteur n’ait pas tourné avant votre visite. Un claquement bref de la chaîne au démarrage peut se tolérer s’il disparaît en une ou deux secondes, un cognement grave et régulier qui suit le régime ne se tolère pas.
  3. Les témoins : contact mis, tous les témoins s’allument puis s’éteignent au démarrage. Le témoin de pression d’huile et le témoin moteur ne doivent jamais se rallumer pendant l’essai.
  4. Le niveau et l’aspect de l’huile : jauge entre les repères, huile ni noire ni épaisse. Un niveau très bas sur une vidange récente trahit une consommation anormale.
  5. L’essai routier : moteur chaud, faites monter les régimes en troisième. Aucun cognement ne doit apparaître en reprise, et le ralenti doit rester stable une fois revenu à l’arrêt.
  6. La boîte : en manuelle, un embrayage qui patine en reprise sur un rapport élevé est usé. En DCT, pas d’à-coup au démarrage ni de message d’alerte.
  7. Les rappels et l’historique : vérifiez les campagnes de rappel auprès de Hyundai, puis le nombre de propriétaires, les sinistres déclarés et la cohérence du kilométrage avec l’historique HistoVec.

Notre checklist de la voiture d’occasion complète ces points pour la carrosserie, les pneus et les papiers. Chaque défaut relevé est un argument pour négocier le prix, et le passage par un garage pour un diagnostic électronique avant la vente reste un investissement modeste face au prix d’un moteur.

Verdict

Le Hyundai Veloster 1.6 GDi 140 ch est une occasion fiable si son moteur a été vidangé avec régularité. Sa chaîne de distribution, son absence de turbo et sa mécanique simple en font une voiture peu coûteuse à entretenir. Son seul défaut sérieux, l’usure des coussinets de bielle reconnue par Hyundai aux États-Unis, reste rare et s’entend : un moteur qui ne cogne pas, avec ses factures, peut être acheté sereinement. Ceux qui cherchent du caractère seront déçus par le moteur, ceux qui veulent un coupé original et économique à l’usage y trouveront leur compte.

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Sources