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Couleur du liquide de refroidissement : comment la reconnaître et choisir le bon

La couleur du liquide de refroidissement (vert, rose, bleu, violet, orange ou jaune) n’est qu’un colorant ajouté par le fabricant : elle ne suffit pas à identifier le produit. Pour choisir le bon liquide, fiez-vous à la norme inscrite dans le carnet d’entretien et reprise sur le bidon, jamais à la teinte seule.

La couleur reste pourtant utile : elle donne un premier indice sur la famille chimique du liquide, elle permet de repérer une fuite et elle trahit un liquide usé ou pollué. Voici comment la lire sans vous tromper.

Pourquoi le liquide de refroidissement a une couleur

Le liquide de refroidissement circule dans le moteur, le radiateur et le chauffage de l’habitacle pour évacuer la chaleur. Il se compose d’eau, d’un antigel, le plus souvent du monoéthylène glycol, et d’additifs qui protègent le circuit contre la corrosion, l’entartrage et la mousse. Pur, ce mélange est presque incolore. Les fabricants y ajoutent donc un colorant, pour trois raisons :

  • distinguer les produits : sous le capot, un liquide coloré ne se confond pas avec l’eau ou le lave-glace ;
  • repérer une fuite : une trace verte ou rose sous la voiture se reconnaît tout de suite, contrairement à une flaque d’eau de climatisation ;
  • signaler une famille d’additifs : chaque marque associe une teinte à une technologie, mais sans règle commune entre fabricants.

C’est ce dernier point qui crée la confusion. Valvoline le résume sans détour : le vert ne veut pas dire IAT, l’orange ne veut pas dire OAT, le rose ne veut pas dire « spécification asiatique ». Le fabricant de lubrifiants ENI rappelle lui aussi que la couleur ne garantit rien sur la composition.

Les couleurs courantes et ce qu’elles signifient

La couleur dépend surtout de la technologie d’additifs, appelée « inhibiteurs de corrosion ». On en distingue trois grandes familles, avec leurs variantes.

Vert : les liquides minéraux (IAT)

Les liquides IAT (Inorganic Additive Technology) protègent le moteur grâce à des silicates et des phosphates. Ils étaient la norme jusqu’au milieu des années 1990 et sont généralement vert vif. Leurs additifs s’épuisent vite : Valvoline indique un remplacement environ tous les 2 ans. On les trouve encore sur des voitures anciennes.

Orange, rouge ou rose : les liquides organiques (OAT)

Les liquides OAT (Organic Acid Technology) remplacent les silicates par des acides organiques. Ils durent bien plus longtemps, jusqu’à 5 ans selon Valvoline, et équipent la plupart des voitures produites depuis les années 2000. Leur teinte va de l’orange au rouge, au rose ou au violet. Le G12 de Volkswagen, rouge ou rose, en fait partie.

Jaune, bleu ou turquoise : les liquides hybrides (HOAT)

Les liquides HOAT (Hybrid OAT) combinent acides organiques et une petite dose de silicates ou de phosphates. ENI les décrit jaunes, turquoise ou bleus. Plusieurs variantes existent :

  • Si-OAT (avec silicates), violet ou rose : c’est le cas du G13 chez Volkswagen et Audi (norme VW TL 774 J) ou de la norme Mercedes MB 325.5 ;
  • P-OAT (avec phosphates), bleu ou rose : utilisé par Hyundai, Kia et Nissan ;
  • PHOAT (phosphates et silicates), bleu ou rose : utilisé par Toyota, Honda et Subaru.

L’exemple des normes Volkswagen

La gamme G du groupe Volkswagen montre bien les limites de la couleur. Selon ENI, le G11 est bleu, le G12 rouge ou rose, le G12+ lilas, le G12++ violet et le G12 EVO (2018) rose. Le G13, introduit en 2013 et à base de glycérine, est violet ou rose selon le distributeur AD. Deux liquides roses peuvent donc correspondre à trois normes différentes. Seule l’étiquette tranche.

Les couleurs qui doivent vous alerter

Certaines teintes ne viennent pas du fabricant mais d’un problème dans le circuit :

  • brun ou couleur rouille : corrosion du circuit, liquide trop ancien ou mélange de deux liquides incompatibles ;
  • laiteux, café au lait ou avec une pellicule grasse : présence d’huile, qui peut signaler un joint de culasse défaillant ; faites contrôler la voiture avant de rouler davantage ;
  • trouble, avec des dépôts ou une texture de gel : additifs précipités, souvent après un mélange ;
  • presque transparent : liquide très dilué par des appoints d’eau, qui protège mal contre le gel.

Mélanger deux liquides : les risques

Ajouter un liquide différent de celui d’origine paraît anodin, puisque les deux servent à refroidir. Le danger vient des additifs. Quand on mélange un liquide minéral (IAT) et un liquide organique (OAT), les silicates réagissent avec les acides organiques et forment un gel ou une boue, explique ENI. Valvoline parle de « précipitation des additifs » : les inhibiteurs se séparent du liquide et se déposent sous forme d’une boue épaisse.

Les conséquences s’installent lentement :

  • la boue obstrue les fins canaux du radiateur et du radiateur de chauffage ;
  • la pompe à eau s’use plus vite ;
  • les deux liquides se diluent l’un l’autre et protègent moins bien contre la corrosion ;
  • le moteur chauffe davantage, jusqu’à la surchauffe et, dans le pire des cas, au joint de culasse.

Même sans formation de gel, un mélange réduit la durée de vie du liquide à celle du moins performant des deux. ENI rappelle que le G12+ a été créé précisément pour éviter la couleur brune obtenue en mélangeant du G11 et du G12.

En dépannage, si le niveau est sous le minimum et que vous n’avez pas le bon produit, un appoint d’eau déminéralisée est préférable à un liquide de norme inconnue. Il dilue l’antigel et réduit la protection contre le gel : faites rétablir le bon dosage rapidement. Et si le niveau baisse régulièrement, cherchez la fuite plutôt que de multiplier les appoints.

Trouver le bon liquide dans le carnet d’entretien

La référence à retenir n’est pas une couleur mais une norme. Pour la trouver :

  1. Ouvrez le carnet d’entretien ou la notice, rubrique « liquides et capacités » ou « caractéristiques techniques ». Vous y trouverez la norme constructeur (par exemple VW TL 774 J, MB 325.5) ou le type de liquide préconisé, ainsi que la capacité du circuit.
  2. Regardez le vase d’expansion : sur certains modèles, le bouchon ou une étiquette indique le type de liquide.
  3. Comparez avec le bidon : la norme doit figurer en toutes lettres sur l’étiquette du produit que vous achetez. Un liquide dit « universel » ne convient que s’il cite explicitement la norme de votre voiture.
  4. Vérifiez la température de protection : un liquide prêt à l’emploi protège en général jusqu’à -25 °C ou -35 °C, suffisant en France métropolitaine. Un concentré doit être dilué avec de l’eau déminéralisée selon les proportions du fabricant.

Pour contrôler le niveau, attendez que le moteur soit froid : ouvrir le bouchon d’un circuit chaud expose à des projections brûlantes. Le niveau doit se situer entre les repères MIN et MAX du vase d’expansion. Si vous ne trouvez plus le carnet, un garagiste retrouve la préconisation à partir de l’immatriculation, et notre guide de l’entretien fait soi-même détaille les autres contrôles de base.

Quand faire la vidange du liquide de refroidissement

La périodicité dépend de la technologie du liquide et du constructeur. Valvoline donne des ordres de grandeur : environ 2 ans pour un liquide minéral (IAT), jusqu’à 5 ans pour un liquide organique (OAT) ou hybride (HOAT). ENI cite 2 à 3 ans pour le G11, 4 à 5 ans pour le G12 et 5 à 7 ans pour le G12++. Les liquides d’origine des voitures récentes sont souvent prévus pour durer bien plus longtemps, d’où l’importance de suivre le plan d’entretien du modèle, en kilomètres et en années, selon la première échéance atteinte.

Sans attendre l’échéance, une vidange s’impose si :

  • le liquide a changé de couleur, s’est troublé ou contient des dépôts ;
  • vous ignorez quel liquide a été utilisé, par exemple après l’achat d’une voiture d’occasion sans factures ;
  • le circuit a été ouvert pour une réparation (pompe à eau, radiateur, durite, joint de culasse) ;
  • vous voulez passer à un autre type de liquide.

Dans ce dernier cas, une simple vidange ne suffit pas : selon Valvoline, vider le circuit n’évacue qu’environ la moitié du liquide, le reste stagnant dans le bloc moteur et le chauffage. Il faut rincer le circuit avant de le remplir avec le nouveau produit, puis le purger pour chasser les bulles d’air.

Le liquide usagé est un déchet dangereux, du fait de l’éthylène glycol qu’il contient : il ne doit être versé ni dans l’évier, ni dans le caniveau. Rapportez-le dans une déchetterie qui l’accepte (votre mairie vous indique laquelle) ou laissez le garage s’en charger. Stockez aussi les bidons hors de portée des enfants et des animaux, qui peuvent être attirés par ce liquide toxique.

Le liquide de refroidissement fait partie des points à contrôler avant de partir, comme l’explique notre guide pour préparer sa voiture avant un long trajet. Pour comprendre son rôle dans le moteur, lisez notre article sur le fonctionnement du moteur thermique, et pour planifier les autres opérations, notre guide d’entretien de la voiture. Si vous achetez une occasion, le rapport véhicule carzz vous aide à repérer les points faibles connus de la motorisation, dont ceux du circuit de refroidissement.

Sources